Sud-Kivu : les agents de l'hôpital de Panzi ont assiégé la DGI

Des agents de l’Hôpital Panzi manifestent à Bukavu le 2 janvier 2015 après une décision de la DGI. Photo/Joseph Banyanga

Une centaine d’agents de l’hôpital général de référence de Panzi à Bukavu (ud-Kivu) ont assiégé, mardi 6 janvier, les installations de la Direction générale des impôts (DGI). Ils protestent contre le gel des avoirs de cette formation hospitalière et le prélèvement de l’impôt sur le revenu professionnel.

«La DGI s’est servie dans le compte de l’hôpital de Panzi à la BCDC ; ça c’est le premier problème. Le second problème est qu’étant agents de la fonction publique, cet impôt sur le revenu professionnel est déjà prélevé à la source avant que nous soyons servis », a affirmé le porte-parole des manifestants qui a requis l’anonymat.

La DGI a confisqué au mois de décembre dernier 43 millions de francs congolais (près de 46 740 dollars américains) appartenant à l’hôpital de Panzi renommé pour les soins aux femmes victimes des violences sexuelles. La régie financière dit avoir procédé légalement à un recouvrement forcé de l’impôt professionnel sur la rémunération que cet hôpital doit au trésor public.
Pour les travailleurs qui ont passé toute la journée devant les installations de la DGI à Bukavu, cette décision est injuste. C’est la troisième fois que les agents de cet hôpital ont organisé un sit-in depuis le gel des fonds de leur formation médicale.
Ils disent avoir introduit des réclamations à la DGI pour que celle-ci n’applique pas une autre taxation.
Le directeur provincial intérimaire de la DGI, Jules Nsimba Nzita, dit avoir attesté toutes les réclamations des agents de l’hôpital de Panzi. Après examen, son institution a décidé de dégrever l’imposition de la paie d’octobre 2014.
« Il y a eu erreur de la part de notre gestionnaire », a reconnu Jules Nsimba Nzita.
Aucun incident n’a été constaté entre les manifestants et les policiers postés devant toutes les entrées du bâtiment de la DGI.
Pour sa part, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu a considéré que la mesure qui frappe l’hôpital de Panzi devait s’étendre sur les autres formations sanitaires de l’Etat qui sont exemptés de payer les IPR (impôts professionnels sur le revenu).
La société civile propose aussi que cette mesure d’étende sur les députés, les ministres provinciaux et sur le personnel exécutif de l’assemblée et du gouvernement provincial.​

Dans un communiqué publié mardi 6 janvier, le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement belge, Alexander De Croo, se dit inquiet pour la survie de l’hôpital Panzi et appelle le gouvernement congolais de renoncer à la taxe  mensuelle de plus de 50.000 dollars dont doit s’acquitter l’hôpital Panzi.

« Avec la nouvelle taxation de plus de 40.000 euros par mois, les soins et le travail du Dr. Mukwege à l’hôpital Panzi sont menacés. Les comptes de l’hôpital ont été saisis et la direction ne peut plus payer les salaires des 500 membres du personnel soignant que compte l’hôpital », a affirmé Alexander De Croo.

Dans son communiqué, il a rappelé que le Dr. Mukwege et l’hôpital de Panzi bénéficient d’une reconnaissance internationale pour le travail difficile qu’ils fournissent dans l’Est du Congo.

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