Kinshasa: des centaines de corps inhumés dans une fosse commune à Maluku

Des tombes au cimetière de Kintambo le 4/06/2012 dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Environ quatre cent vingt-cinq corps ont, depuis deux semaines, été enterrés dans une fosse commune au cimetière de Fula-Fula dans la commune urbano-rurale de Maluku à Kinshasa. La découverte a été faite par la population de ce coin de la capitale. Elle a tout de suite saisi la Monusco pour dénoncer des odeurs nauséabondes qui s’y dégageaient.

La mission onusienne a, à son tour, saisi le Procureur de la République lui demandant d’ouvrir une enquête sur ce dossier. Certaines sources concordantes affirmaient que ce sont des corps des personnes mortes lors des événements survenus du 19 au 21 janvier dernier dans la capitale.

Pendant ces trois jours, l’opposition avait organisé des manifestations pour dénoncer la modification de la loi électorale alors en discussion au Parlement.

Dans son rapport publié vendredi 3 avril à Kinshasa, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab Mabudj, a rejeté la version selon laquelle des corps enterrés dans cette fosse commune sont des victimes des émeutes survenues en janvier dernier dans la capitale.

Il a précisé que le nombre de victimes de ces manifestations ont été bien connu [12 morts pour des sources officielles et 42 selon la Fédération internationale des droits de l'homme].

A (re) Lire: Kinshasa: controverse autour du bilan de la manifestation de l’opposition

Pour Evariste Boshab, il s’agit plutôt des indigents, gardés longtemps à la morgue centrale de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo et inhumés par l’Hôtel de ville de Kinshasa sur une demande de la direction de la morgue.

Selon le rapport du gouvernement, parmi ces indigents, il y a des personnes ayant rompu le tissu social avec leurs familles, des corps abandonnés, des corps non identifiés et des morts-nés, enregistrés en bonne et due forme à la morgue centrale.

Evariste Boshab a par ailleurs indiqué que c’est au nom de la transparence et du devoir de la vérité que le gouvernement rend public son rapport administratif, en attendant le volet judiciaire.

Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a également déclaré que le gouvernement était disposé à exhumer les corps, si la demande était faite ou si le moindre doute persistait.

Pour plus de transparence, Evariste Boshab a promis de mettre son rapport à la disposition de tous.

Les représentants du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme (BCNUDH), présents à cette rencontre, se sont félicités de cet échange et disent prendre bonne note des déclarations du gouvernement, mais attendent le rapport administratif promis pour se prononcer sur ce dossier.

Outre les membres du BCNUDH, d’autres organismes ont pris part à cette rencontre dont les ONG des droits de l’homme congolaises, Human Right Watch, les membres du gouvernement ainsi que les responsables des services de sécurité.​

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