Nord-Kivu: une nouvelle taxe paralyse le trafic sur le lac Kivu

Un bateau sur le Lac Kivu

Les autorités  provinciales du Nord-Kivu exigent depuis ce lundi 14 avril le paiement de 10 dollars américains par tonne de produits vivriers pour les gros bateaux qui assurent le trafic lacustre entre Goma et Bukavu. Suite à cette décision, plus de 300 passagers n’ont pu se rendre dans la capitale provinciale du Sud-Kivu. 

Pour les armateurs, les passagers de leurs embarcations ont toujours payé cette taxe auprès des services de l’Etat, notamment la Direction générale des recettes du Nord-Kivu (DGRNK).

«Il y a des agents de la DGRNK qui viennent percevoir l’argent pour cette taxe. Maintenant, ils veulent que les armateurs la paient aussi. Pourtant, l’armateur est un commerçant […] C’est une nouvelle taxe pour nous, puisqu’elle n’existe pas sur la nomenclature des taxes que les armateurs doivent payer», estime le capitaine Jean Bosco du bateau Emmanuel.

Pour  le ministre provincial de Transports et communications, Guillaume Bulenda, ce sont les armateurs qui  ont un contrat avec les commerçants. Il estime donc qu’il revient aux armateurs de percevoir cette  taxe d’embarcation des marchandises au profit du Trésor public. Selon lui, cette mesure date du mois de janvier. Depuis cette date, souligne-t-il, l’autorité a mené une campagne de sensibilisation auprès des armateurs pour expliquer la mesure.

Une réunion est prévue cet après-midi entre les autorités provinciales et les armateurs pour résoudre le problème.

La Fec proteste

A la suite de l’instauration de cette nouvelle taxe, il n’y a pas eu de trafic des bateaux entre Bukavu et  Goma ce matin. Les 27 bateaux qui exploitent le lac Kivu n’ont pas quitté leurs quais.

Ainsi, les 1 400 tonnes de produits vivriers que les bateaux  en provenance de Goma acheminent chaque jour  à Bukavu ne parviendront pas aux consommateurs. Cette situation irrite la Fédération des entreprises du Congo (Fec). Les produits habituellement transportés sont notamment le haricot, la pomme de terre, la farine de maïs, le manioc, le sorgho, le soja et l’huile palmiste.

Le bureau de la Fec au Sud-Kivu dit ne pas comprendre les raisons qui poussent le gouverneur du Nord-Kivu à imposer une taxe aux produits vivriers en circulation à l’intérieur d’un même pays. Une telle mesure conviendrait pour les produits à l’importation, selon les responsables provinciaux de la Fec.

L’association des armateurs du Kivu (Asalak) regrette cette mesure, annoncée quelque deux mois après la tenue à Kinshasa du cadre de concertation organisé par le gouvernement et les armateurs de la RDC. Ces assises ont recommandé l’annulation des tracasseries et de la perception illégale des taxes dans le transport fluvial et lacustre.

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