Kinshasa : persistance des marchés pirates

La chikwangue ou Kwanga (pain de manioc roui et moulé dans des feuilles puis cuit à l’eau), sur un étalage dans un marché municipal de Kinshasa. Ph. Myriam Asmani/Monusco, 2006.

Les marchés pirates continuent à fonctionner le long des artères principales ou autour de différents lieux de négoce à Kinshasa, malgré leur interdiction par l’Etat congolais. Lorsque les policiers traquent les vendeurs de ces marchés, ils disparaissent pendant un moment et reviennent quelques temps après. Quelques vendeurs contactés jeudi 3 juillet ont affirmé qu’ils préfèrent exposer leurs marchandises le long des avenues pour plus de visibilité.

D’autres indiquent plutôt qu’ils échappent aux multiples taxes imposées par les responsables de marchés.

Au marché de la liberté par exemple, ceux qui possèdent des étalages, payent chaque année 10 000 Franc congolais (11 $US) par mètre. Il y en a qui ont 5 à 10 mètres et doivent débourser entre 55 et 110$ l’an.

Ils payent aussi des frais de salongo exigés par l’autorité urbaine pour la salubrité.

Ces prix diffèrent d’un marché à l’autre. A Gambela, les vendeurs payent 300 franc congolais (0,3 $US) pour la taxe du matin, 200 (0,2 $US) pour le soir.

Dans ce lieu de négoce, les occupants des marchés pirates sont obligés de remettre soit un 100 ou 200 francs aux policiers et militaires pour ne pas être tracassés.

Ceux qui étalent leurs marchandises devant les parcelles des particuliers payent aux propriétaires 1 000 FC (1,08 $US) par mètre.

Au marché central de Kinshasa, la réalité est toute autre. Les marchés pirates occupent toutes les grandes artères de ce lieu de négoce.

Ces marchands qui étalent les marchandises à même le sol sont obligés d’une part d’attirer la clientèle, d’autre part de garder un œil ouvert au passage des policiers qui les chassent à tout moment.

En décembre 2013, l’autorité publique a officiellement chargé les policiers de supprimer tous les garages et marchés pirates. Mais certains policiers commis à cette charge perçoivent de petits montants de ces derniers.

Ce qui explique, d’après certains observateurs, la persistance de ces marchés pirates qui constituent un manque à gagner pour le trésor public.

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