Ce mercredi, les médias en ligne à Kinshasa mettent en avant deux sujets majeurs : les sanctions américaines contre Kigali et les réactions critiques suscitées par la révision de la Constitution évoquant un possible troisième mandat du président Tshisekedi.
A propos du changement de la Constitution
Le Potentiel : RDC : Bruno Tshibala s’oppose à toute révision constitutionnelle et appelle au Dialogue National
Le tabloïd reprend les propos de l’ancien Premier ministre congolais, Bruno Tshibala Nzenzhe, qui a fermement rejeté, dans un communiqué publié à Kinshasa le 12 mai 2026, toute tentative de révision des dispositions « verrouillées » de la Constitution, notamment celles énoncées à l’article 220.Cette déclaration intervient en réaction au point de presse du Président Félix Tshisekedi, tenu le 6 mai dernier, où ce dernier avait évoqué la possibilité de modifications constitutionnelles, rappelle Le Potentiel.
« L’article 220 de la Constitution de la République démocratique du Congo est un pilier fondamental qui protège des matières jugées intangibles. Il s’agit notamment de la forme républicaine de l’État, du principe du suffrage universel, du nombre et de la durée des mandats présidentiels, de l’indépendance du pouvoir judiciaire, et du pluralisme politique », insiste l’ancien Premier ministre, ajoutant que toute modification de ces dispositions serait une violation de l’esprit et de la lettre de la loi fondamentale du pays. Face à cette éventualité, l’ancien chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un Dialogue national inclusif, dont la médiation devrait être confiée à la Conférence Épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Congo Nouveau : Fayulu et Kabuya à couteaux tirés
Le tri-hebdomadaire Congo Nouveau décrit un climat de tension extrême entre le leader de l’ECiDé et le Secrétaire général de l’UDPS. Martin Fayulu promet de mobiliser la rue contre le changement de la Constitution, tandis qu'Augustin Kabuya y voit une "résurrection" nécessaire du projet politique de son parti.
Le tabloïd rappelle l’origine du bras de fer entre ces deux acteurs politiques : Tout est parti d’une déclaration du président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé).
Réagissant à la récente sortie médiatique du chef de l’État, Martin Fayulu a affirmé avoir contribué à la relance de l’UDPS au début des années 2010.
« En 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, où était l’UDPS ? Quelqu’un parlait de l’UDPS dans ce pays ? Si quelqu’un veut me contredire, qu’il vienne. C’est moi qui ai ressuscité l’UDPS. Je suis allé voir Étienne Tshisekedi en février 2010. J’ai fait un programme avec lui. Il m’a envoyé Albert Moleka. Shabani Jacquemain est là et il peut témoigner », a lancé Martin Fayulu. Kabuya : « Nous l’avons fabriqué politiquement ».
La réplique de l’UDPS n’a pas tardé. Lundi 11 mai, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a rejeté ce qu’il qualifie de « récit mal préparé » et de « tentative de récupération politique ».
De son côté, Le Quotidien propose une analyse sévère de l'opposition, titrant : « Entre discours changeants, calculs politiques et perte de repères ».
Le journal estime que les opposants peinent à offrir une alternative crédible face à l'offensive du pouvoir.
A propos des sanctions américaines contre le Rwanda
Actualite.cd : Pour Macron, précipiter des sanctions collectives contre Kigali dans le sillage de Washington offrait « peu de chances de convaincre le Rwanda d'avoir une politique coopérative »
Actualite.cd consacre sa Une de ce mercredi à la réaction d’Emmanuel Macron aux sanctions américaines visant le Rwanda, sur fond d’appels au dialogue entre Kigali et Kinshasa.
Le confrère note que le président français Emmanuel Macron a exprimé des doutes sur l'efficacité des sanctions américaines contre l'armée rwandaise pour résoudre la crise dans l'est de la République démocratique du Congo.
S'exprimant en marge du Sommet Forward Africa de Nairobi, au Kenya, dans une interview accordée notamment à France 24 et RFI, le chef de l'État français a été directement interrogé sur les sanctions infligées par Washington à l'armée rwandaise et sur la possibilité que Paris emboîte le pas. Il a estimé qu'isoler le Rwanda risquait au contraire de le rendre moins coopératif, appelant plutôt à un apaisement et à un dialogue direct entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
Emmanuel Macron a reconnu que l'accord de paix conclu en décembre dernier sous médiation américaine n'avait pas produit les résultats escomptés sur le terrain. « Il y a un accord de paix qui a été signé il y a quelques mois. Il n'y a pas totalement la paix, si on est honnête », a-t-il déclaré, avant d'avertir que précipiter des sanctions collectives contre Kigali dans le sillage de Washington offrait « peu de chances de convaincre le Rwanda d'avoir une politique coopérative ».
La voie préconisée par Paris reste celle du dialogue multilatéral. Le président français a plaidé pour une table de négociations élargie à l'Ouganda et aux autres pays de la région, afin de clarifier à la fois la réalité des forces en présence et celle des prédations économiques dans l'est congolais.
« Un dialogue respectueux qui engage le président Kagame et le président Tshisekedi, ce travail qui remet toutes les médiations autour de la table, c'est ma conviction, c'est ce que je ferai pour la France », a-t-il martelé.
Congo Nouveau : Stabilité de façade au détriment de la légitimité démocratique, Muyej interpelle Washington et Kinshasa
Richard Muyej brise l’omerta. Ancien gouverneur du Lualaba, ministre de l’Intérieur sous Kabila, cadre du PPRD aujourd’hui actif dans l’opposition mais officiellement interdit d’activité, il vit en exil en Afrique du Sud. Mardi sur X, il a publié une tribune au vitriol. Titre : « La RDC face à son destin : l’impératif de vérité contre le règne du simulacre ».
Le texte est un réquisitoire. Contre le mensonge d’État. Contre la gouvernance de prédation. Contre la complicité des puissances. Et contre le silence qui tue. La scène politique congolaise se dégrade, acte après acte. Et la voix qui claque cette fois vient de l’intérieur du système. Ou plutôt, de ses marges interdites. Richard Muyej Mangez Mans connaît la machine. Il l’a servie. Il l’a vue tourner. Aujourd’hui, il la dénonce. Sa tribune est un pavé dans la mare. Pas de périphrases. Pas de diplomatie. Le constat est clinique : « Lorsque la gouvernance se confond avec une entreprise de ruse et de mensonge, c’est l’avenir même de la nation qui se trouve compromis ». La dissimulation, dit-il, s’est enracinée au sommet. La propagande a remplacé la politique. L’esquive tient lieu de stratégie. Résultat : le pouvoir se dénature, l’éducation se fragilise, les piliers moraux s’ébranlent. Muyej vise juste. Et fort. Il démonte la « dramatisation » des sanctions américaines contre Joseph Kabila.








