Joseph Kabila « ouvert » à la relance des opérations FARDC-Monusco contre les ADF

Un militaire des FARDC en patrouille mixte avec un casque bleu de la Monuc discutent avec la population à Mbwavinya. Photo MONUC/Marie Frechon (2008).

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a affirmé mardi 22 décembre que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, était ouvert à la relance des opérations conjointes entre l’armée congolaise et la Monusco pour neutraliser les rebelles ougandais des ADF. Il a fait cette annonce à la fin du séjour de 72 heures du président de la République à Beni et Butembo; au cours duquel ce dernier a promis de neutraliser les ADF.

D’après Julien Paluku, Joseph Kabila va, à son retour à Kinshasa, rencontrer les responsables de la Monusco pour définir le rôle des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Monusco pendant ces opérations.

«Le chef de l’Etat s’est montré très ouvert par rapport à la relance des opérations conjointes. Aussitôt rentré à Kinshasa, il aura des entretiens avec les autorités au plus haut niveau de la Monusco pour que les rôles soient définis clairement par rapport à ce que feraient les forces d’intervention au sein de la Brigade d’Intervention et que le rôle des FARDC soit clairement défini », a expliqué le gouverneur du Nord-Kivu.

Pour lui, les rôles des deux forces doivent être bien définis.

« Dans une opération, il y a à la fois l’évacuation des blessés, les opérations offensives, l’approvisionnement en médicaments, il faudra que tous ces rôles soient clairement définis pour qu’on sache si les FARDC feront quoi et la Monusco fera quoi », a ajouté Julien Paluku.

Le gouverneur du Nord-Kivu affirme avoir des éléments attestant de l’association de certains groupes armés locaux aux ADF. «Nous ne tarderons pas à pouvoir connaître l’identité de l’ADF», a-t-il promis.

Julien Paluku s’est par ailleurs interrogé au sujet d’une possible aide extérieure que recevraient les rebelles ougandais:

« Il y a des informations qui filtrent qu’il y a des (rebelles ADF) blessés lors des opérations d’Eringeti qui sont soignés en Ouganda. J’ai saisi le Mécanisme conjoint de vérification pour lui dire qu’il y a des informations qui disent que les [rebelles] blessés sont soignés du côté de Bundibugyo en Ouganda. Ce Mécanisme devra s’y rendre pour devoir vérifier ces informations pour qu’on se rassure si l’Ouganda n’est pas impliqué aux côtes de ces rebelles qui déstabilisent l’Est de la RDC.»

Les rebelles ADF sont responsables de nombreuses exactions contre les populations civiles dans la province du Nord-Kivu. Depuis octobre 2014, on leur attribue la mort de plusieurs centaines de personnes.

La dernière attaque qu’ils ont lancée contre la localité d’Eringeti dans le territoire de Beni a fait vingt-quatre morts.

Relire aussi: Début de la 2e phase des opérations conjointes FARDC-Monusco contre les ADF à Beni

La deuxième phase des opérations conjointement menées par les FARDC et les troupes de la Monusco contre les rebelles ougandais des ADF avait été lancée jeudi 1er janvier 2015 dans le territoire de Beni. L’objectif était de «neutraliser complètement» ces rebelles accusés de massacres de plusieurs civils dans ce territoire du Nord-Kivu, avait alors précisé le commandement de l’opération «Sokola1».

Mais, selon des sources locales, la coopération sur le terrain entre les deux forces s’est refroidie par la suite, pour des raisons qui n’ont pas encore communiquées officiellement. Cette situation explique la résurgence d’attaques des groupes armés, dont les ADF. Raison pour laquelle la société civile locale et les élus du Nord-Kivu ont multiplié les appels à la reprise effective de cette coopération.  

 

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