Nord-Kivu: sit-in d’une vingtaine de familles chassées de leur village à Masisi

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Une vingtaine de familles observent un sit-in depuis mercredi 24 février devant le gouvernorat du Nord-Kivu à Goma. Ils exigent l’implication de l’autorité provinciale dans le conflit foncier qui les oppose à un concessionnaire de Kirotshe.

Selon le représentant de ces familles du village Shonga, au sud de Masisi, ce concessionnaire aurait réquisitionné illégalement policiers et militaires et ordonné leur délogement forcé de leurs villages il y a environ huit jours, sur base d’un titre de propriété qu’il aurait obtenu en complicité avec le service de cadastre de la province.

«Ils sont arrivés sur le lieu, ils ont déguerpi la population. Ils ont détruit toutes les maisons. En même temps qu’on veut que la justice soit faite, que les autorités soient au courant de cette situation qui provoque cette calamité», témoigne le représentant des familles victimes.

Au total, plus d’une centaine de personnes dont des femmes et des enfants vivent depuis environ huit jours sans abris à la suite de cette opération de délogement forcé.

Pour Mwami Kalinda Nicolas, autorité locale de la chefferie des Bahunde, un groupement proche du village Shonga, les habitants de Shonga sont en fait victime de spoliation de leurs terres. Mwami Kalinda Nicolas met en cause le service de cadastre de la province du Nord-Kivu qu’il accuse d’entretenir le désordre dans ce conflit foncier.

«En fait, c’est le service de cadastre qui est en train de créer toute cette confusion. Une plantation abandonnée il y a plus de 20 ans avant d’octroyer des titres il faut mener des enquêtes. Mais seulement on donne des certificats et on va déguerpir toutes les familles et voilà les enfants qui sont dans la rue», a dénoncé le chef coutumier.

D’après des sources locales, le village shonga était autrefois une concession appartenant à un colon belge. Ce dernier l’avait abandonné en 1957. Occupés depuis par les villageois du secteur, la concession s’est transformée au fil des ans en un village. Les mêmes sources indiquent que c’est vers les années 90 que ce village a commencé à faire l’objet des convoitises et tentatives de spoliation par des tiers, parce qu’il était fondé sur les cendres d’une concession dont le titre de propriété fait l’objet de plusieurs falsifications.    

 

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