Massacres à Beni: la société civile réclame une enquête de la CPI

Le territoire de Beni au Nord-Kivu connaît des massacres des civils depuis deux ans. La société civile locale qui fait état de 1 200 personnes tuées depuis le 2 octobre 2014 réclame une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) pour déterminer les responsables de ces massacres.

« C'est un anniversaire macabre, triste qui se passe dans les pleurs car voici deux ans jour pour jour qu'on est en train de massacrer tout un peuple. Les statistiques sont vraiment alarmantes », indique le président de la société civile de Beni, Gilbert Kambale, avant de détailler:

« On a aujourd’hui plus de 1200 personnes massacrées sauvagement à la hache et à la machette sans compter les kidnappés ou les [personnes] portées disparues qui sont autour de 1400. Plus de 80 maisons incendiées, au moins 7 centres de santé incendiés. Un déplacement massif de la population. »

Gilbert Kambale déplore « l'impuissance » du gouvernement congolais et « l’indifférence » de la communauté internationale. Il plaide pour une enquête de la Cour pénale internationale.

« Nous recommandons que la CPI puisse s'y mettre [pour] qu'une enquête internationale puisse commencer maintenant pour établir les responsabilités, les auteurs intellectuels et tous ceux qui sont exécutants », réclame-t-il.

Interrogé par Radio Okapi, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, affirme que l’Etat « se renforce » dans la région.

D’après lui, il est essentiel de renforcer la confiance entre la population et l’armée pour mettre fin au massacre des civils à Beni.

Ce territoire du Nord-Kivu connaît des tueries des civils depuis deux ans. Plusieurs centaines de personnes ont été tuées. Les rebelles ougandais des ADF sont pointés du doigt dans la plupart des cas.

Après un nouveau massacre en août dernier, le pape François avait dénoncé le « silence honteux » autour des tueries de Béni.

En juin dernier, le Front citoyen (coalition congolaise de partis d’opposition et d’associations) a rencontré à La Haye Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, pour parler de ces tueries.

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