La Proclamation de l’indépendance du Congo à Léopoldville : rappel des faits

Le 30 juin 1960, quatre personnalités politiques, les deux Premiers ministres belge et congolais, Gaston Eyskens et Patrice Lumumba et leurs ministres des Affaires étrangères respectifs Pierre Wigny et Justin-Marie Bomboko, apposaient leur signature sur l’acte de l’indépendance du Congo.

Une déclaration conjointe entre les gouvernements congolais et belge pour entériner l’accession de l’ancienne colonie belge à la souveraineté internationale.

Ces cérémonies de la proclamation de l’indépendance débutent à 11h45.  Arrivé la veille dans ce qui était encore la capitale du Congo-Belge pour l’occasion, le roi des Belges rend hommage à « l’œuvre conçue par le génie du roi Léopold II et continuée avec persévérance par la Belgique ».

L’allocution suivante, prononcée par Joseph Kasa-Vubu, le chef du nouvel État congolais, est ressentie comme une offense par les nationalistes congolais.

Au lieu de célébrer l’émancipation de son peuple, le tout nouveau président de la République rend un hommage appuyé à l’ancienne métropole.

Le chef du gouvernement, Patrice Emery Lumumba, se sent alors dans l’obligation d’intervenir alors que le protocole ne l’avait pas prévu. Il prononce des paroles qui entreront dans l’histoire et détermineront pour beaucoup son avenir proche :

«Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir parce que nous étions des nègres».

Le recadrage de Lumumba se résume en ceci : c’est par la lutte que les congolais ont conquis leur indépendance. Vous pouvez suivre l’intégralité du discours de Lumumba sur ce lien :

«Lumumba n’a fait que dire tout haut ce que beaucoup de Congolais de l’époque pensaient tout bas», commente le professeur Mwayila Tshiyembe de l’institut panafricain de géopolitique de Nancy.

D’après un article paru le 30 juin 2003 à Jeune Afrique, Lumumba aura l’occasion d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à tenir ce discours qui avait gêné.

Alors en fuite, traqué par les sbires de Mobutu, Lumumba dont la voiture tombe en panne va trouver refuge chez un certain Albert Hermant, exploitant forestier du Kasaï, le long de la route qui mène à Stanleyville.
Avec lui, Lumumba s’est confiera et son interlocuteur notera tout. Quatre décennies plus tard, Hermant communiquera au quotidien belge Le Soir l’essentiel de son texte, qui le publie les 3 et 4 novembre 2001. «Mon discours n’était en rien dirigé contre le roi, que je considère comme un homme honnête sans pouvoirs réels, ni contre le colonisateur, lui confia le Premier ministre en fuite, mais se voulait une réplique cinglante à l’allocution du président de la République, qui, selon nos accords, aurait dû me soumettre le texte de son discours et ne l’avait pas fait», expliquera notamment Lumumba à son interlocuteur.
 

 
 

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