A Kananga, le maire maintient l’interdiction des manifestations publiques

 
Interpellé par une association de défense des droits de l’homme qui exige l’annulation de son arrêté interdisant les manifestations publiques, le maire de Kananga a déclaré mardi 9 janvier qu’il maintenait sa décision.
 
L’arrêté contesté

 
«L’organisation des manifestations publiques de quelque nature qu’elles soient, est interdite sur toute l’étendue de la ville de Kananga jusqu’à nouvel ordre», mentionne le premier article de l’arrêté du maire de Kananga signé le 23 novembre dernier.
 
Un arrêté que conteste la Dynamique pour la promotion et la défense des droits humains qui réclame son annulation. Pour cette association, la décision du maire viole la constitution du pays qui consacre la liberté de manifester.
 
Son président, Me Oscar Mukengeshayi, évoque notamment l’article 26 de la constitution qui dispose notamment que «la liberté de manifestation est garantie». Me Oscar Mukengeshayi a ainsi déposé le 5 janvier une requête auprès du maire pour obtenir l’annulation de son arrêté.
 
Quatre jours après, le maire, Muamba Kantu Kanjila, a répondu à la requête. Dans sa correspondance, il évoque également la loi. Le maire affirme que les articles de loi en rapport avec la liberté de manifestation comportent également des réserves relatives au respect de l’ordre public et de bonnes mœurs.
 
Muamba Kantu Ka Njila fait remarquer que la loi lui reconnait également la compétence de veiller au maintien de l’ordre public dans la ville. Il estime ainsi que sa décision tombe fort à propos au regard des récentes attaques enregistrées à Kananga. Des attaques qu’il attribue à la milice Kamuina Nsapu.
 
«Si je n’avais pas veillé sur cet ordre [public], la ville retomberait [entre les mains des miliciens] le 2 janvier 2018. J’ai [dit] à l’autre [le responsable de l’association] qu’il n’avait pas le droit de me demander d’annuler mon arrêté», explique le maire.
 
Interrogé sur l’organisation des manifestations comme les caravanes motorisées des entreprises privées, Muamba Kantu Ka Njila répond que son arrêté n’interdisait que les rassemblements politiques. Pourtant, le deuxième article de son arrêté mentionne que par «manifestation publique, il faut entendre les marches populaires, les meetings politiques, les attroupements dans les rues et places publiques».
 
Liberté de manifester violée ?
 
Que dit la loi au sujet de l’organisation des manifestations publiques ? Le politologue et chercheur en résolution pacifique des conflits Etienne Vivien Kalonji rappelle que la constitution du pays garantit la liberté de manifester à tous les citoyens.
 
Pour lui, le maire ne peut pas interdire les manifestations publiques dans sa ville.
 
«Le maire n’a pas le droit d’interdire [de] manifestations dans sa ville. S’il le fait, c’est un excès de pouvoir. Il est susceptible d’être poursuivi par la justice», soutient-il.
 
Le politologue soutient cependant qu’un maire a le pouvoir d’interdire une manifestation pour des raisons précises. Mais pour lui, cette décision doit être prise au cas par cas.
 
Etienne Vivien Kalonji explique notamment qu’un maire peut interdire à une association d’organiser une manifestation si le regroupement n’a pas été en mesure d’organiser convenablement une autre manifestation dans un passé récent.
 
La Dynamique pour la promotion et la défense des droits humains avait annoncé que si le maire n’annulait pas son arrêté, elle saisirait la cour d’appel.
 
Des militants de la LUCHA jugés

 
Onze militants de la LUCHA sont actuellement jugés au tribunal de paix de Katoka à Kananga après avoir manifesté le 29 décembre dernier pour exiger le départ du pouvoir du président Kabila.
Ils sont poursuivis pour incitation à la désobéissance à l’autorité publique et participation criminelle.  
Le ministère public a requis contre dix d’entre eux trois ans de prison ferme.
 
 

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