Mgr Ambongo sur l’insécurité à Fizi et Uvira : « Trop, c’est trop »

Le Cardinal Fridolin Ambongo se dit préoccupé par la situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC, particulièrement celle des Hauts plateaux de Fizi et Uvira. « Trop, c’est trop », a-t-il affirmé dimanche 17 novembre lors de sa première messe dite au stade des Martyrs de Kinshasa, en tant que Cardinal.

« Tout en saluant les efforts fournis,  entrepris par les autorités, par l’Etat, par les Forces armées de notre pays, il convient de considérer que trop, c’est trop », s’est indigné le Cardinal Ambongo.

Il a rappelé que cette situation d’insécurité dure depuis longtemps et que « cela cause de profondes douleurs dans le cœur des pasteurs. »

« Cette situation dure depuis très longtemps et il ne nous manque pas d’intelligence nécessaire pour asseoir les uns et les autres, et qu’une solution soit enfin trouvée et que nos populations et nos différentes communautés puissent enfin vivre en paix », a souhaité Mgr Fridolin Ambongo.

Il a aussi fustigé « avec angoisses et soucis », l’activisme des groupes armés, parfois étrangers « qui se battent sur le sol congolais. »

« Nous pensons avec beaucoup de soucis et angoisses dans le cœur à la situation qui prévaut actuellement et de façon particulière dans les hauts plateaux de Fizi et Uvira, où se servant et animant des conflits entre nos différentes communautés, des troupes armées, parfois étrangères se battent sur notre sol, sur notre territoire, jetant des populations qui ont toujours vécu ensemble dans la préoccupation, dans la douleur et dans les pleurs », a condamné le Cardinal.

Il a fait remarquer qu’il y a « des peuples qui pleurent de ce côté-là, et ce sont des peuples qui ont toujours vécu ensemble. »

Dégager les troupes étrangères

Selon l’ONU, près de 3 000 personnes déplacées internes ont été identifiées à la suite des affrontements intercommunautaires encore en cours dans les territoires de Fizi et de Mwenga (Sud-Kivu). Pour elle, il y a une « crise de confiance persistante » entre les civils et les militaires dans le Minembwe notamment.

Pour mettre fin à cette situation, Mgr Ambongo invite les uns et les autres à prendre leurs responsabilités, à restaurer rapidement l’autorité de l’Etat, au travers des services de la Police nationale, de l’Armée, de la migration.

« [elles doivent] instaurer une vraie justice dans notre pays, pour sortir cette partie du pays de l’Etat de non-droit. A dégager de la région toutes les armées étrangères afin de favoriser un dialogue interne, capable de nous sortir de la crise », a-t-il recommandé.

Selon les informations recueillies par Mgr Ambongo, certains prendraient plaisir à vivre éternellement dans des conflits, « alors que vivre en paix avec les autres est la nature intrinsèque de l’être humain. »

« Nous ne sommes pas faits pour vivre éternellement en conflit avec les autres. L’être humain est fait pour vivre en paix les uns avec les autres. Naturellement, nos rapports doivent se fonder sur le respect humain et la justice sociale », a affirmé le Cardinal.

Il fustige le fait que cette crise persiste depuis « de longues et pénibles années comme si c’était une situation voulue et volontairement organisée par une poignée de personnes qu’on qualifierait d’arrogants. »

« Cela cause de profondes douleurs dans notre cœur des pasteurs. Les responsables doivent s’engager, les uns et les autres doivent prendre leur responsabilité en mains, à créer très vite un climat d’apaisement, sous peine de voir la situation dégénérée et embrasée dans toute la région de l’Est. Et quand ça commence par l’Est, c’est l’Ouest qui sera atteint », a prévenu le Cardinal Fridolin Ambongo.

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