Grève des infirmiers à Kinshasa : Gentiny Ngobila exige l'ouverture des morgues et autres services indispensables

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila a exigé l’ouverture des morgues et autres services indispensables. Lors d'une réunion tenue lundi 14 juin avec les médecins responsables et délégués syndicaux du service de santé de Kinshasa, il a condamné la grève sèche des infirmiers et personnel administratif ayant conduit à la fermeture de tous les services dans des hôpitaux, à savoir les soins intensifs, les morgues, la réanimation, et la banque du sang. « Cette situation est inadmissible », a-t-il tempêté. 

« Ce que vous avez fait est irresponsable. Vous avez paralysé les services des hôpitaux. Certes, il vous est reconnu le droit de grever mais il y a des limites. Vous êtes allés au-delà de vos revendications en organisant une grève sèche. Vous devez savoir que vous êtes là pour sauver des vies humaines », a déploré Gentiny Ngobila. 

Il a exigé d'ouvrir toutes les morgues et d'autres services indispensables dans la prise en charge des malades. 

L’autorité urbaine a aussi instruit la ministre provinciale de la Santé ainsi que la Direction provinciale de la santé (DPS) d’ouvrir une enquête autour de cette grève sèche afin de rétablir des responsabilités. 

Réclamations 

Pour sa part, le médecin directeur de l'hôpital général de référence de Makala, qui a paré au nom de ses collègues, a renseigné que l'injonction de la tenue de la grève est venue de services nationaux de la santé. 

Dans une correspondance adressée aux responsables des hôpitaux, les syndicalistes réclament entre autres l'alignement par le gouvernement national des agents non primés, la mise en œuvre des protocoles d'accord, l'exécution stricte des crédits budgétaires et autres. 

Pour la ministre provinciale de la Santé, Bernadette Phanzu, la grève ne pouvait se faire sous le format sec surtout en cette période de crise sanitaire. 

« Entre mercredi et jeudi derniers, des corps ont été abandonnés devant des morgues et des familles venues sortir les corps de leurs proches n'ont pas pu avoir accès à des morgues. Et cela est inadmissible pour ces personnels de santé qui devaient plutôt respecter l'éthique professionnelle », a-t-elle indiqué avant de confirmer le passage, dès mardi 15 juin, des délégués du ministère provincial de la santé dans des hôpitaux pour l'enquête. 

La grève généralisée puis rendue sèche du secteur de la santé observée dans la capitale Congolaise, de mercredi 9 à vendredi 11 juin dernier, a causé beaucoup de préjudice aussi bien aux hôpitaux qu'aux malades. Durant trois jours, tous les services n'ont pas fonctionné dans les différentes structures sanitaires de la place, y compris les morgues notamment à Kintambo, Ngiri-Ngiri et Makala, renseigne la cellule de communication de l’Hôtel de ville de Kinshasa. 

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