Journée de l’enfant africain: l’Unicef vulgarise la loi portant protection de l’enfant congolais

Ce jeudi 16 juin, la communauté internationale célèbre la journée de l’enfant africain. À cette occasion, L’Unicef  a débuté une campagne de vulgarisation de la loi portant protection de l’Enfant en RDC. Entrée en vigueur depuis janvier 2009, cette loi vise à renforcer la protection des enfants en conflits avec la loi et ceux victimes de violences.

Deux ans  après sa mise en vigueur, la loi portant protection de l’enfant n’a pas produits les effets escomptés, selon de nombreux observateurs.

Plus de 8 mille enfants sont abandonnés dans les rues de la capitale de la RDC, selon des chiffres fournis par l’Unicef.

L’agence onusienne insiste sur la responsabilité des parents, de l’Etat et de la communauté, vis-à-vis de l’enfant. A l’occasion de cette célébration, Radio okapi fait le point de la situation des enfants congolais.

Mbuji-Mayi : le phénomène « Shegués » reprend de l’ampleur

Tous les services contactés n’ont pas de statistiques récentes à Mbuji-Mayi, capitale du Kasaï oriental. Cependant, tous sont d’avis que le nombre de ces enfants de la rue appelés « Shegués », a connu une augmentation effrayante.

Ils sont visibles dans tous les coins des rues. Il y a quatre ans, plus de 5 mille enfants ont été identifiés dans cette ville. Ce chiffre augmente en fonction de la situation sociale.

La pauvreté des parents, le divorce, la polygamie et les accusations de sorcellerie sont autant des causes qui justifient la présence de ces enfants dans la rue. N’ayant pas de quoi se nourrir, ces enfants, tous les âges confondus, envahissent les lieux publics et se livrent à une mendicité qui frise l’agression.

Pour la Division provinciale des affaires sociales, l’augmentation du nombre d’enfants « Shegués » résulte de  l’irresponsabilité des parents.

Après des efforts de réinsertion, certains enfants retournent aussitôt  dans la rue. Ils disent être maltraités par leurs familles.

Cependant la Division des affaires sociales continue à sensibiliser ces parents à plus de responsabilité.

L’augmentation des « Shegués »  n’est pas spécifique à Mbuji-Mayi.

Bukavu : des enfants handicapés sans assistance

«Il n’existe pas à ce jour un système coordonné de collecte d’analyses et de centralisation des données concernant la politique en faveur des enfants handicapés au sud Kivu. Ce qui rend cette catégorie d’enfants encore plus vulnérables », indique l’ONG dénommée « Initiative pour l’avenir meilleur » (Inam) dans une déclaration faite  ce jeudi 16 juin à la presse,   à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de l’enfant africain.

Iman regroupe des jeunes enfants. Elle déplore que de centaines enfants handicapés continuent à subir la discrimination, le mépris non seulement au sein de leurs familles, mais aussi de la part du gouvernement congolais qui n’applique aucune politique de promotion des enfants handicapés.

Blaise de Saint Michel Bulonza, responsable de l’Inam s’exprime à ce sujet :

« Si vous avez un enfant handicapé, cet enfant ne peut pas passer même au salon lorsqu’il y a des visiteurs en famille. Nous avons eu à constater ce genre de  discrimination et l’enfant est frustré vraiment. Regardez, d’ici là, il y aura l’examen d’Etat [baccalauréat], est-ce que vous pensez qu’il y aura des mesures de protection qui permettent aux enfants handicapés de  passer ce test convenablement ?»

Blaise qui vit avec handicap se la façon dont il a passé son examen d’Etat avec des difficultés liées à son handicap. Aujourd’hui, il plaide pour que les choses changent :

« Regardez la fiche des grilles électroniques aujourd’hui. Tous les élèves ne peuvent pas la compléter. Il y a des aveugles qui ne présentent pas l’examen d’Etat actuellement alors que ce sont des personnes à part entière qui peuvent apporter quelque chose à la construction de cette nation.»

Kinshasa: plaidoyer pour l’amélioration de la protection de l’enfant

Les enfants demeurent victimes des pires formes de travail. Ils sont exploités abusivement dans les groupes armées, dans des carrières des mines, dans la prostitution et autres pressions dégradantes, a déclaré jeudi 16 juin le président du conseil national de la jeunesse, Dominique Diama Kambedje.

Les enfants congolais demandent aussi l’amélioration des conditions de vie, la scolarité gratuite et obligatoire et l’emménagement des espaces des jeunes.

Le thème retenu cette année en RDC est : « Tous ensembles pour les actions suffisantes en faveur des enfants de la rue.»

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