Un climat de conflit règne entre la population civile et les militaires FARDC engagés dans les opérations Kimia 2, en territoire de Rutshuru dans le groupement de Binza à plus de 100 kilomètres au nord de la ville de Goma. Les cas d’insécurité augmentent de plus en plus dans cette zone, rapporte radiookapi.net
Au courant de ce mois de novembre, 8 cas de personnes blessées par balle et au moins 18 cas de femmes violées ont été enregistrés à l’hôpital de Nyalimima. Selon les autorités coutumières de cette entité, cette situation est occasionnée par des bandes armées FDLR alliés aux jeunes du milieu. Cette implication de la jeunesse de Binza dans les hostilités envenime les relations entre les militaires FARDC et les autorités coutumièresrnLe médecin chef de zone de santé de Nyamilima a noté une forte recrudescence de l’insécurité dans cette zone, suite aux attaques multiples des hommes armés.
Quelques cas de tuerie et pillages des biens de la population par des bandits armés ont aussi été rapportés par les autorités locales. Les FDLR et certains jeunes du groupement Binza sont pointés du doigt par certains habitants d’être à la base de cette insécurité.
Cette collaboration confirmée entre ces jeunes de Binza et les rebelles FDLR qui ont leurs bases dans le parc national des Virunga, rend difficile le travail des FARDC, affirment les responsables militaires à Nyamilima.
Entre temps, certaines autorités coutumières ne semblent pas accepter cette justification de la part des militaires engagés dans les opérations Kimia 2. Selon elles, aucun argument n’est valable aux FARDC pour justifier leur échec dans le démantèlement du réseau FDLR et la restauration de la sécurité dans leurs villages longtemps meurtris par les atrocités.
D’autres par ailleurs déplorent cette implication de la jeunesse dans les attaques contre leur propre entité.
Tadée Izironi, chef de localité de Nyamilima explique : « Le FDLR et les jeunes du milieu recrutés dans le groupe Mai Mai insécurisent la population. Les paysans qui vont aux champs, les militaires les accusent de collaborer avec les FDLR. Et entre temps, c’est nous qui sommes pillés et obligés de fuir nos villages à cause de ces jeunes. Alors pourquoi avoir le conflit avec les militaires FARDC ? Ce sont nos enfants qui aident les rebelles . »
Les premières rencontres de sécurité visant à normaliser la relation entre les deux parties se sont déjà tenues à Rutshuru, ont indiqué les autorités coutumières et militaires à Nyamilima.
Des villageois suspectés d’appartenir aux FDLR
Dans la province sœur du Sud-Kivu, un conflit semble ouvert entre la population et les FARDC engagés dans les opérations Kimia 2, en groupement d’Iregabaronyi, dans la chefferie de Ninja, en territoire de Walungu.
Soixante-quatre personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, auraient été déportées de leur village, vers le carré minier de Lukoma, par des militaires de Kimia II, en provenance de Nzibira. Selon les propos d’un élu de cette région de la province, ces militaires avaient commencé par brûler les maisons de ces victimes, avant de les emmener, le 14 novembre dernier, dans ce carré minier. Le même député dit avoir adressé des messages au commandement des opérations Kimia 2, pour la libération de ces habitants assimilés à tord aux hutu rwandais par ces militaires.
Le porte-parole des opérations Kimia 2, a déclaré que le commandement des opérations n’a pas encore d’ éléments probants, pour attester ces faits. Néanmoins, il a ajouté que ce cas va être soumis à la commission conjointe de vérification pour une descente sur terrain.









