Manifestations estudiantines à Kinshasa: Théophile Mbemba évoque une manipulation politicienne

Théophile Mbemba, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, le 15/10/2015 à Kinshasa, lors de l’ouverture de l’année académique 2015-2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les récentes manifestations des étudiants de l’Institut national des bâtiments et travaux publics (INBTP) et de l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) résultent de la manipulation politicienne, a expliqué vendredi 20 novembre le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Théophile Mbemba. Il répondait à une interpellation des députés nationaux sur ces heurts qui avaient paralysé les activités dans ces deux institutions universitaires où les étudiants protestaient contre la majoration des frais d’études.

Théophile Mbemba a donc rassuré les élus nationaux qu’il n’y aura pas majoration des frais d’études cette année. Cette majoration est la raison avancée par les étudiants de l’INBTP, suivis de leurs collègues  de l'ISAU, pour descendre dans la rue.

Le ministre Mbemba a déploré ces manifestations violentes des étudiants qui, selon lui, étaient consécutives à une manipulation politicienne:

«Lorsqu’on observe le mode opératoire de ces deux manifestations, il apparaît clairement que c’est parti des rumeurs infondées. A l’ISAU, il y a eu des corps étrangers. Donc, quand on y réfléchit rationnellement, on se dit qu’il n’est pas exclu qu’il ait eu une tentative de manipulation. »

Ce point de vue est rejeté par certains députés de l’opposition qui ont appelé le Gouvernement à prendre ses responsabilités, comme Eve Bazaiba (MLC):

«Ici, il ne s’agit pas d’une manipulation politicienne. Les étudiants sont en train de traverser des conditions difficiles : il n’y a pas de bourses, pas de possibilité de petits travaux pour les étudiants… Mais ils doivent faire face aux frais académiques, à la restauration, au transport, aux syllabus, etc.»

Enfin, le ministre Mbemba à appeler à la conjonction d’efforts de tous en vue de redresser ce secteur qui connaît beaucoup de problèmes.

La tension persiste

Sur place à l’Institut national de bâtiments et travaux publics rien ne va. Pendant que le ministre intervenait au Parlement vendredi, professeurs, personnels administratif et technique ainsi que les ouvriers de l’INBTP disaient être empêchés d’accéder au site de cette institution académique par les étudiants.

Dans une déclaration faite à la presse, la délégation syndicale de l’INBTP demande aux autorités compétentes de déloger ces étudiants du site et que les activités reprennent normalement.

«Nous sommes empêchés, par ce groupe d’étudiants instrumentalisés, à accéder à nos bureaux, paralysant ainsi les activités académiques et para-académiques», a déclaré Bokoko Eley, délégué syndical de l’INBTP.

Vous pouvez l’écouter ici:

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Pour exprimer leur mécontentement, les étudiants de l’INBTP sont descendus dans la rue le 16 novembre. Ils ont brûlé des pneus, dressé des barricades sur la voie publique, au point de perturber la circulation sur les avenues des Ecuries, de la Montagne et du Tourisme, dans la commune de Ngaliema. Par contre, la manifestation similaire des étudiants de l’ISAU a été vite étouffée, deux jours après, par la police.​
 

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