RDC : la profession des journalistes gangrénée par plusieurs maux

Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Jean Christopher Tito Ndombi, estime que le dysfonctionnement de la profession des journalistes congolais s’explique par plusieurs facteurs. La profession est infiltrée à cause de sa porosité, a-t-il notamment estimé dans un entretien accordé jeudi 1er octobre à Radio Okapi. 

« Aujourd’hui, le problème est l’accès à cette profession. Comment on devient journaliste aujourd’hui. Pourtant, il existe une loi. Et cette loi précise, de quelle manière on peut recruter un journaliste. Mais malgré cela, quand on a été recruté, il faut passer par un stage. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, à cause de l’extrême porosité de la profession, on est en présence d’un grand nombre de journalistes qui exercent la profession sans respect des principes », a affirmé le président du CSAC   

Pour sa part, Jonas Eugène Kota, journaliste de profession, estime qu’il y a assez de dérapages à cause de la multiplicité d’établissements de formation des journalistes : 

« Il y a d’abord un déficit de formation professionnelle. Autant les institutions de formation des journalistes se multiplient, autant le niveau de maitrise professionnelle diminue. Parce qu’il y a un sérieux problème de contrôle de ses instituions-là et de suivi dans la formation des journalistes. Il y aussi cet aspect de politisation de l’exercice journalistique avec des soi-disant journalistes qui sont en fait des communisants des partis politiques ».    

Toujours selon lui, un autre facteur qui dénote ce dysfonctionnement : l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), censée encadrer les journalistes, n'assume pas ses responsabilités.   

« La plupart d’entre ces associations ne travaillent pas à l’encadrement éthique et professionnel. La corporation, elle-même, l’UNPC, est engluée dans des problèmes, des contradictions d’ordre politique et même tribal », a indiqué Jonas Eugène Kota. 

Le président de l'UNPC, Joseph Boucard Kasonga Tshilunde, a rejeté en bloc ces allégations: 

« Je ne vois pas en quoi l’UNPC est à la base du dysfonctionnement de la presse congolaise. Je ne vois pas quel est ce dysfonctionnement. L’UNPC s’occupe de la formation de ses journalistes tant sur le plan professionnel que syndical. L’UNPC délivre la carte de la presse conformément à la loi. Souvent lorsque des journalistes ont un problème, l’UNPC intervient rapidement. »   

Vingt ans après le congrès dit de la refondation de la presse du Congo, plusieurs autres observateurs expliquent que ce dysfonctionnement se traduit également par le mauvais traitement salarial des professionnels des médias congolais. 

 

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