Commissaires spéciaux: un député de l’opposition dénonce une violation de la constitution

Palais du peuple, siège du Parlement, à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Réagissant sur la nomination des commissaires spéciaux à la tête des vingt-et-une nouvelles provinces, le député de l’opposition Emery Okundji a dénoncé vendredi 30 octobre «une violation intentionnelle et manifeste de la constitution.» Pour sa part, Henri Thomas Lokondo, député de la majorité note que la RDC va ainsi disposer d’une administration atypique avec à la fois des dirigeants provinciaux élus et d’autres nommés.

«Nous avons une constitution dont le président de la République a l’obligation de veiller à son respect. La nomination des commissaires spéciaux est une violation intentionnelle et manifeste de la constitution de la République», a déclaré Emery Okundji, expliquant que la constitution ne prévoit pas la nomination des commissaires spéciaux.

L’élu de Lubefu a également accusé Joseph Kabila de diviser les Congolais pour avoir nommé à ces postes seulement les membres de sa famille politique:

«Comment le président de la République, c’est lui qui est supposé être le garant de la nation et de l’unité nationale, peut diviser davantage les Congolais. Là où ce sont des postes supposés être à la compétition des Congolaises et Congolais, vous violez la constitution. Vous nommez, vous ne tenez pas compte des autres Congolais. Seule sa famille politique se retrouverait nommer par cette ordonnance présidentielle.»

Selon lui, Joseph Kabila vient de faire reculer la RDC plus de 35 ans en arrière. «C’est la centralisation à outrance du pouvoir que nous avons décrié l’autre fois», a-t-il conclu. 

Vous pouvez écouter le propos du député Okundji ici :

 /sites/default/files/2015/301015-p-f-kinreactionemeryokundji.mp3

Administration atypique

Une autre réaction  après la nomination des commissaires spéciaux par ordonnance présidentielle, c’est celle d’Henri-Thomas Lokondo, pour qui on assiste désormais à une territoriale atypique. «D’une part, on a des gouverneurs élus contrôlés par les assemblées provinciales, et de l’autre ceux qui sont nommés sans contre-pouvoir de contrôle», a-t-il indiqué.

Toutefois, l’élu de Mbandaka précise qu’il s’agit d’une décision qui tire sa source d’un arrêt de la Cour constitutionnelle et espère que cette situation exceptionnelle ne sera pas définitive:

«Il ne faut pas que le provisoire devienne le définitif comme on a l’habitude de le constater dans notre pays. Tout cela je l’ai cessé de le dire depuis l’Assemblée nationale. C’est parce qu’on a précipité de façon inconsidérée la mise en place de ces nouvelles provinces.»

La décentralisation administrative ne veut pas dire nécessairement le démembrement du pays même si c’est déjà consacré dans la constitution. Elle veut plus dire que la décentralisation des moyens et des pouvoirs, a-t-il poursuivi.

Henri-Thomas Lokondo prévient par ailleurs que les commissaires spéciaux seront confrontés aux problèmes financiers:

«Même avec la structure d’anciennes provinces, la décentralisation veut dire aussi une bonne gouvernance de l’Etat avec l’appui d'un contrôle rigoureux de tout l’appareil de l’Etat assorti des sanctions exemplaires. On met d’abord les provinces en place et on cherche les moyens après. Ces hauts fonctionnaires nommés auront des problèmes financiers épouvantables suite à la trésorerie de l’Etat qui est très serrée.»

Selon lui, tout a été mal préparé techniquement. «Si la volonté politique est là pour respecter strictement ou rigoureusement la constitution, la loi de programmation (de nouvelles provinces) aurait dû être réaliste devant les faits», a-t-il estimé.

Vous pouvez écouter le député Lokondo ici :

/sites/default/files/2015/02._301015-p-f-kinreactionthomaslokondo_0.mp3

Le président Joseph Kabila Kabange a nommé jeudi 29 octobre les commissaires spéciaux à la tête de nouvelles provinces issues du démembrement. Ces derniers sont notamment chargés de doter les nouvelles provinces «d’une administration, des services techniques et des infrastructures minimales pour pouvoir créer les balises nécessaires favorables à l’arrivée de nouveaux gouverneurs».

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